JeFF, un nom qui nous est familier (eh oui, c'est le diminutif de Jean-François !). Depuis trois ans qu'il compose sa musique, le gaillard lorrain ne démérite pas et produit plus qu'à son tour. On avait pu le croiser sur diverses compilations (AXS_labs - très bon morceau avec Sobria Ebrietas -, Sombre fracture, Tribute to Doom) et surtout sur maints splits sortis sur son label, Altsphere Productions, avec, entre autres, le Messin Shizuka (sur un 3 pouces remarqué) mais aussi Haro et le déjà cité Sobria Ebrietas. Pour faire un jeu de mot facile et piètre, je dirais qu'encore une fois, JeFF, non, il n'est pas tout seul. Il s'est même entouré de proches puisque l'on retrouve aux premières loges les abyssaux Roswell Conspiracy et Sobria Ebrietas, encore lui. Sur Piece of life ("Tranche de vie"), pièces ceintes d'un paquetage DVD, le Mosellan nous propose trois titres et leurs remix par lui-même ou ses amis.
Le premier, Something strange, est paradoxalement le plus convenu des trois. E
n outre, l'original est moins bon que les reprises, malgré une bonne introduction mais une mélodie gentillette au timbre sale et un
fond brouillon de hardtek laissent au final nos esgourdes sur leurs faim. Autrement meilleur est le Destruction mix, toujours l'oeuvre de JeFF, où cette fois, parmi de bons sons indus et
une rythmique des familles bien travaillée (jeu sur les canaux), la mélodie balancée au merdotron années quatre-vingts passe comme une lettre à la poste. Pas mauvais non plus mais sans être d'une
originalité folle, le remix de Sobria Ebrietas garde la bonne intro de l'original mais son côté brut de fonderie ne parvient pas à faire se dissiper une légère impression de répétition. On
appréciera a contrario sans réserve la version d'Audio Head Cleaner, riche et surprenante qui, démarrant sur un ton vaguement orientalisant, s'envole sur des rythmes échevelés
avant de s'éteindre sur une voix de variété, singulier assemblage fort bien maîtrisé.
Le deuxième morceau au programme, intitulé Lost, se déploie en une progression insidieuse à l'obscurité savamment distillée et que l'on goûte et craint à mesure. Le remix par Moriarty (arf, Scotland Yard ne doit pas être loin !) ne démérite pas non plus en martelant un kick saturé de manière oppressante et un léger malaise se fait jour peu à peu.
Troisième et dernière partie, Wake up, là aussi avec arrière-plan industriel, se présente sous la forme d'un mélange de différents souffles et sonorités sur lesquels évoluent des voix artificielles, jamais vraiment de repos, en résumé un univers sec, dépouillé et angoissant. Encore plus nu, noyé dans d'immenses réverbérations d'hangars en taule, la version Suicidal projette l'auditeur dans une atmosphère toujours plus poussée et froide et saisissante, où les voix chuchotées ne tranquillisent plus, même nimbées des trémulations de synthétiseur finales, elles ne rassurent plus, elles font peur. Le meilleur morceau du disque. Et pourtant, il existe aussi une autre perle sur ce CD, savoir l'appropriation de ce Wake up par Roswell Conspiracy. Le Rémois, par cette plage que l'on peut considérer à l'inverse comme la plus apaisante de l'ensemble, montre sa grande dextérité à allier les timbres les plus variés au service d'une claire expressivité : humides, liquides, captés de très près, ses sons un à un s'écoulent au sein d'une grotte moussue, sur un fond nappé, étal et flûté, comme mêlés à de lointaines rumeurs usineuses. Un univers quasi stalkérien, où la nature a remangé la technique et où l'espoir ne serait plus trop de la partie.
Nonobstant la prime version du premier morceau, JeFF et ses acolytes nous offrent là un disque peu aisé à décrire mais assurément riche et composé et dont, plus que la noirceur ou la violence, l'angoisse post-industrielle demeure le trait marquant.
e bien belle manière la voix initiale. Ce seront là toutefois les seuls reproches qu'on peut faire à ce disque car tout le reste emporte l'adhésion : tantôt par
son approche très contemporaine du son (au sens de « musique classique contemporaine »), avec Ici ou là et ses modulations de sons haut perchés, Le Vent et ses
froissements proche de l'ambient ou surtout Nous n'avons fait que blémir, avec un emballant travail sur les cordes et une petite touche finale aux couleurs d'âtre couvant, tantôt par un
mélange d'électro minimale et d'expérimental savamment dosé et que l'on retrouve au travers des morceaux suivants : le long Délikescence d'un soupir, U1 et Néon, à mon
sens la pièce majeure du disque, très joliment amenée, dense et travaillée quant aux timbres et à la rythmique qui s'y déploie. Entre ces deux tendances, on trouve d'autres essais transformés
comme Bruit d'encens aux épaisses granulations torturées, Endors-toi (rien à voir avec l'Incroyable Houdini ou Dominique Webb, qu'on se rassure
!), deux minutes exquises presque entièrement composées de chuchotements et enfin nYa, parcours aux lisières du silence et où entrent en scènes de surprenantes notes de piano aiguës dans
le final.
ehors jaunes, verdâtres et végétaux, ce disque
fait montre d'une maîtrise rythmique vraiment élevée qui le dispute à une compétence harmonique des plus établies. Il n'y a qu'à voir les habiles évolutions de timbres instrumentaux qui virent au
vocal pour saisir le subtil savoir-faire de l'individu. Passant d'un dub froid en trompe-l'oeil à la Basement 5 à une drum'n'bass hachée qui n'est pas sans rappeler, en plus doux
et parfois moins mordant, Squarepusher, l'artiste belge construit de ses cornues, athanors et fumeux alambics, avec finesse ses mélanges au point d'en sortir non la pierre
philosophale mais un petit bijou comme l'est « Ody », merveille ou encore cet autre démarré à la contrebasse, Ka Hura. Il n'hésite pas à sauter du coq à l'âne, de l'angoisse
qui diffuse et s'immisce (Inanga - référence à la sorte de cithare africaine ? - , Eitardela) à des peintures plus chaudes (Aliwen et ses percussions en bois) voire
primesautières (Orion). Les transitions pourraient être brusques à faire le cabri ainsi mais comme cascatelles, cela court et se fond sans accroc aucun.
à définir mais pas disgracieux, cousin pour
ainsi dire de l'univers des disques Shambala. Encore plus extrême, Tada choisit quant à lui un titre bizarre, facilement provoc pour un parti-pris tout noise
(Merzbow is dead), qui titille positivement l'oreille avec ses stridences aiguës et saturées à gros grains.
volutions de cordes angoissantes très bien spatialisées. Si Crystal Sierra fait
penser à du Moelvaer, en mieux, Bad tapes, via le charme d'un flûtiau puis d'une rythmique industrielle impeccable, nous a fait auparavant pénétrer au deux-tiers dans un
monde déjà plus inquiétant, proche des bandes originales d'Eric Demarsan, sensation malheureusement un peu atténuée par la grandiloquence de Ghostriders in the sky, dans
un registre dark-folk orchestral, un peu ampoulé et au final hélas gentillet (c'est un problème récurrent avec cette mouvance, qui ne se joue à pas grand-chose mais qui existe objectivement).
e vous vous en persuadiez. Vous n'avez pas monté la moitié des marches que vous avez cessé d'avancer.
En fait, vous ne savez plus si vous respirez déjà, c'est fou ces crises de panique quand ça vous prend, et ces murs, cette obscurité qui se rapproche, les angles plus droits du tout, ça tourne et
vous allez tomber, tomber, vous voudriez crier mais rien n'a faire, vous avez déjà chu, vous gisez à l'envers, pâmé voire pire encore, peut-être êtes-vous déjà mort mais vous ne le saviez pas...
la seconde pèche par son crossover peu original à la vérité. On ne rentre dans
le bain en fait qu'à partir du troisième morcif, plein de guitares malaxées par de bien revêches filtres, l'indus est de mise chez F.Y.D et ça s'entend ! Peut-on dire
quelque chose de négatif du beau Twinkle et de son martial Tu as perdu ! (ton sang-froid ? ta balle à rebondir ? ton billet de Keno gagnant ?), mis en écoute ici l'an
passé ? Sa grosse artillerie défile gaillardement devant nos oreille, nous en prenons plein les mirettes ! Aussi bon mais plus inquiétant, Acrylik nous peint (jeu de mots !) un
camaieu sale, haché, au larsen permanent (à rapprocher pour l'atmosphère de la Synesthésie incolore des Yeux Noirs) et, poursuivant dans l'excellence, voici
KL, chanteur de Neon Cage Experiment, et son indus très rapide, oppressant qui schmoutze la graisse de ferraille, le meilleure titre du disque avec le Twinkle
assurément ! Cela ne veut pas dire que le reste est mauvais, bien au contraire, j'en veux pour preuve le Bevel Cut de Zenta, assez mélodique, d'une grande finesse
évolutive avec une très bonne répartition spatiale parfaitement rendue ! Chouette ambiance également chez Echo-6 dont L'expérience industrielle assez classique contient
des coupures de rythme bien senties avec de petits sons vibrants en arrière tout le contraire du décapant Definitive solution for Minor Threat de Mental Agression,
démarrant dans le punk-hardcore pour terminer dans le bugcore le plus foncedé à la Error qui se serait enfilé la carafe de champis !! Il y en a vraiment pour tous les goûts dans
l'épicerie Audiotrauma et au rayon hip-hop, l'arrivage est également fourni ! (quand je dis hip-hop, c'est de hip-hop indus qu'il s'agit, hein, capice ?). Tout d'abord, la bestiole au poil
luisant, le vidéaste Brilliant Beast, qui, aidé par Eminem, nous sort un rap mélangé à des sonorités lourdes et durs, un mélange qui passe comme sur des
roulettes, pareil pour Sonic Area avec un fond plus filmique, rigoureux et peu rassurant, manque presque plus qu'un flow dessus ! L'inverse, de fait, de Ten Data
Keshin, où c'est la scansion qui fait hip-hop devant des percus granuleuses et pachydermiques, un morceau presque mélancolique malgré l'énergie déversée. Rythmique dansante, on commence
à se diriger vers la sortie avec le sobre, quasi scratché et fort efficace interlude d'Aníuk (qu'on a déjà pu voir sur scène avec Kirdec et Le
Diktat), une plaine ambiante-expé s'étale devant nous loin du boucan de la fonderie, des machines et de leurs cris, un calme déployé, brumeux et frais d'un matin, une peinture qui n'est
pas sans évoquer les productions discographiques du grande dépendeur de saucisses Taâlem. La boucle est bouclée et l'on ne peut qu'encourager l'acquisition de ce CDR industriel de haute volée,
les Alsacos n'ont franchement pas démérité, eux qui n'ont de cesse de se bouger pour faire vivre la scène tant par leurs plus récentes productions discographiques que bien évidemment par les
concerts et festival qu'ils organisent !
De ce groupe garage-punk
mélodique, je ne connaissais pas le précédent album mais le huit titres What's your definition of underground ? qui datait de 2002. Je n'ai carrément pas accroché sur ce disque
rétrospective (qui reprend d'ailleurs plusieurs titres du 8 titres) bien qu'il y ait quelques titres qui dépotent dessus comme Burn the floor, Please hate me
Du punk-rock classique, un tantinet
mélodique, avec une voix masculine bien trop en déphasage par rapport au reste du groupe (un problème de mixage évident). Rien de déméritant - le groupe joue instrumentalement très bien,
notamment sur Détraqué - mais rien de bien extraordinaire non plus. A noter une chanson en espagnol.