Elektroplasma : Mechaniballs (CD YB70 Rds 009 [?] ; 2005 ; 7 titres ; 50 minutes)
Elektroplasma, formation unimembre électro-industrielle qu'on a assurément pu remarquer à droite à gauche depuis dix ans (remix de Mimetic, collaboration avec Celluloid Mata, titres sur Uncivilized World) se retrouve sur YB70, le label qui succède à Ytterbium (où elle avait déjà commis un neuf titres, Ambient cinema, en 1999) et qui s'occupe aussi des soirées électroniques françaises Parazit (Vromb, Zotz, Iszoloscope, Elektroplasma justement, etc). Vu le profil de l'intéressé, on est prévenu, ça ne risque pas d'être Martine à la plage pour l'ambiance... Et en effet, ça commence sur les chapeaux de roues (Time machine) par un rythme qui, trente secondes durant, me ferait presque penser à feus les Roadrunners des années 80 mais le masque tombe et je dois bien me rendre compte qu'on a là bel et bien affaire à des machines et que l'industriel sera impitoyablement notre pain auditif,
ainsi que l'on pouvait non sans délice le craindre. Ça martèle, ça tape, on percute et l'on scie, la cadence vous emporte, pas le temps de respirer, c'est les trois-huit à Sambre-et-Meuse et le corps s'en ressent déjà. Passé une très légère accalmie, la progression chaotique reprend (Cyclone synthesis), plus lourde telle une gigantesque essoreuse avec des impressions machiniques et liquides parfaitement rendues (on se croirait dans un tambour en inox géant). Alors que l'on s'imagine un moment s'être extirpé de cet étouffant univers, le long et presque filmique Black organs insidieusement nous conduit, au moyen d'un fond de percussions automatiques de plus en plus perceptible, vers un inexorable retour à la chaîne, la chaîne, toujours la chaîne, inflexible et assommante, elle ne nous laissera rien, même pas les os, elle nous prendra tout jusqu'à la dernière goutte de sang. Et si Blood flow redémarre comme ses prédécesseurs faussement lentement, il acquiert une vitesse nettte et oppressante, inarrêtable extérieurement, avec ses timbres râclés, soufflés et distordus (de la belle ouvrage à la vérité). Puis, nimbé des lointains tintinnabulements de cloches rugueusement décapées à l'effet-scie, Songs of the saws aurait très bien pu se nommer "Dance" car on a là le morceau le plus aisé d'écoute de cet album, plage brute et primitive, remarquable d'ailleurs par sa concision et sa fabrication, et, n'était sa faible longueur (6 minutes quand même...), la transe corporelle se fût à coup sûr exprimée ! Mais dur est le retour au réel, encore plus usineux, encore plus aliénant, aucun repos pour les oreilles, de laminantes boucles industrielles qui font vibrer l'enveloppe crânienne et c'est comme ça tous les jours, Daily Hell le bien nommé... Les outils de travail couinent comme des bêtes qui pleureraient devant les murs de carrelage d'une triste animalerie et l'enfer redémarre, tentant d'achever ce qu'il nous reste d'activité cérébrale (Broken neurons), non sans rappeler cette fois les atmosphères glaçantes et folles d'un Mourmansk150. On est vraiment proche, pour donner idée, des froides productions Mechanoise Labs, pas étonnant que des gens comme Zotz ou Ripit soient sur ce même label, YB70, tous ça sont gens de connaissance de toute façon, mais de goût avant tout, faut-il le préciser ! Alors que son étroit champ de manoeuvre a déjà été bien labouré depuis plus de dix ans, Elektroplasma, privilégiant la sobriété et l'enracinement dans un indus élecrtronique pur et dur, parvient, sans jamais succomber à une facilité noise apocalyptique que l'on croise souvent, à pondre une oeuvre originale, fine, brutale, jamais ennuyeuse, à l'unité indéniable et d'une maîtrise totale.
ainsi que l'on pouvait non sans délice le craindre. Ça martèle, ça tape, on percute et l'on scie, la cadence vous emporte, pas le temps de respirer, c'est les trois-huit à Sambre-et-Meuse et le corps s'en ressent déjà. Passé une très légère accalmie, la progression chaotique reprend (Cyclone synthesis), plus lourde telle une gigantesque essoreuse avec des impressions machiniques et liquides parfaitement rendues (on se croirait dans un tambour en inox géant). Alors que l'on s'imagine un moment s'être extirpé de cet étouffant univers, le long et presque filmique Black organs insidieusement nous conduit, au moyen d'un fond de percussions automatiques de plus en plus perceptible, vers un inexorable retour à la chaîne, la chaîne, toujours la chaîne, inflexible et assommante, elle ne nous laissera rien, même pas les os, elle nous prendra tout jusqu'à la dernière goutte de sang. Et si Blood flow redémarre comme ses prédécesseurs faussement lentement, il acquiert une vitesse nettte et oppressante, inarrêtable extérieurement, avec ses timbres râclés, soufflés et distordus (de la belle ouvrage à la vérité). Puis, nimbé des lointains tintinnabulements de cloches rugueusement décapées à l'effet-scie, Songs of the saws aurait très bien pu se nommer "Dance" car on a là le morceau le plus aisé d'écoute de cet album, plage brute et primitive, remarquable d'ailleurs par sa concision et sa fabrication, et, n'était sa faible longueur (6 minutes quand même...), la transe corporelle se fût à coup sûr exprimée ! Mais dur est le retour au réel, encore plus usineux, encore plus aliénant, aucun repos pour les oreilles, de laminantes boucles industrielles qui font vibrer l'enveloppe crânienne et c'est comme ça tous les jours, Daily Hell le bien nommé... Les outils de travail couinent comme des bêtes qui pleureraient devant les murs de carrelage d'une triste animalerie et l'enfer redémarre, tentant d'achever ce qu'il nous reste d'activité cérébrale (Broken neurons), non sans rappeler cette fois les atmosphères glaçantes et folles d'un Mourmansk150. On est vraiment proche, pour donner idée, des froides productions Mechanoise Labs, pas étonnant que des gens comme Zotz ou Ripit soient sur ce même label, YB70, tous ça sont gens de connaissance de toute façon, mais de goût avant tout, faut-il le préciser ! Alors que son étroit champ de manoeuvre a déjà été bien labouré depuis plus de dix ans, Elektroplasma, privilégiant la sobriété et l'enracinement dans un indus élecrtronique pur et dur, parvient, sans jamais succomber à une facilité noise apocalyptique que l'on croise souvent, à pondre une oeuvre originale, fine, brutale, jamais ennuyeuse, à l'unité indéniable et d'une maîtrise totale.
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